L’acompte d’impôt sur le revenu est la part du prélèvement à la source que la DGFiP prélève directement sur votre compte bancaire, pour les revenus qui n’ont pas de tiers collecteur : indépendants (BIC, BNC, BA), revenus fonciers, pensions alimentaires perçues ou rentes. Il est prélevé le 15 de chaque mois (ou par trimestre sur option) et reste modifiable à tout moment depuis votre espace impots.gouv.fr.
Depuis l’entrée en vigueur du prélèvement à la source en 2019, l’impôt sur le revenu est payé « en temps réel ». Pour les salaires et les pensions, c’est simple : l’employeur ou la caisse de retraite prélève l’impôt avant de vous verser votre revenu. Mais des millions de contribuables — indépendants, propriétaires bailleurs, retraités percevant certaines rentes — n’ont pas de collecteur. Pour eux, l’État prélève un acompte. C’est cet acompte, souvent mal compris, que nous décryptons en détail pour 2026.
Acompte d’impôt sur le revenu : de quoi parle-t-on exactement ?
Le prélèvement à la source (PAS) prend deux formes :
- La retenue à la source : prélevée par un tiers (employeur, caisse de retraite, France Travail…) directement sur le salaire ou la pension.
- L’acompte : prélevé par l’administration fiscale elle-même, par virement sur votre compte bancaire, parce qu’aucun tiers ne peut retenir l’impôt à votre place.
Dans les deux cas, le montant n’est pas l’impôt définitif : il s’agit d’avances calculées sur votre situation passée. Le solde réel se règle l’année suivante, après votre déclaration de revenus.
Qui doit payer un acompte d’impôt sur le revenu ?
Vous êtes concerné par l’acompte si vous percevez l’un de ces revenus :
- Bénéfices des indépendants : BIC (commerçants, artisans), BNC (professions libérales), BA (agriculteurs) ;
- Revenus fonciers (loyers de locations nues) ;
- Pensions alimentaires perçues et rentes viagères à titre gratuit ;
- Rémunérations de certains gérants et associés (article 62 du Code général des impôts) ;
- Certains revenus de source étrangère imposables en France.
Un même foyer peut cumuler retenue à la source (sur un salaire) et acompte (sur des revenus fonciers, par exemple). C’est très fréquent chez les salariés qui louent un bien.
Comment l’acompte est-il calculé et prélevé en 2026 ?
L’administration calcule l’acompte à partir de votre dernière déclaration connue : les revenus de l’année N-2 servent de base de janvier à août, puis ceux de N-1 prennent le relais de septembre à décembre. C’est pourquoi votre prélèvement est réactualisé chaque année en septembre.
Le prélèvement intervient le 15 de chaque mois (ou le jour ouvré suivant). Nouveauté à retenir pour 2026 : depuis septembre 2025, le taux individualisé est appliqué par défaut aux couples mariés ou pacsés. Chaque conjoint est prélevé selon ses propres revenus, et non plus sur un taux commun — sauf si vous optez expressément pour le taux du foyer. Un point à vérifier dans votre espace personnel, car il modifie la répartition de l’acompte au sein du couple.
Acompte mensuel ou trimestriel : quelle option choisir ?
Par défaut, l’acompte est mensualisé sur douze prélèvements. Vous pouvez opter pour un paiement trimestriel : il est alors prélevé en quatre fois, les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre. Le montant annuel reste identique, seul le rythme change.
Le trimestriel soulage la trésorerie de ceux dont les revenus sont irréguliers (saisonniers, indépendants), mais concentre l’effort sur quatre échéances plus lourdes. L’option se demande avant le 1er octobre pour s’appliquer l’année suivante. Nous détaillons ce choix dans notre guide du versement de l’acompte trimestriel.
Comment baisser, reporter ou supprimer son acompte ?
C’est l’intérêt majeur du système : l’acompte n’est pas figé. Depuis la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » sur impots.gouv.fr, vous pouvez :
- Moduler à la baisse en cas de chute de revenus (fin d’une location, baisse d’activité). La demande est acceptée dès lors que le prélèvement estimé est inférieur de plus de 5 % à celui appliqué sans modulation.
- Reporter un acompte sur l’échéance suivante : jusqu’à trois reports possibles dans l’année pour un acompte mensuel, un seul pour un acompte trimestriel. Utile pour absorber un trou de trésorerie.
- Supprimer l’acompte si le revenu correspondant disparaît définitivement (cessation d’activité, vente du bien loué).
Attention : moduler à la baisse de façon excessive expose à une majoration si l’impôt réel dépasse de plus de 10 % le montant estimé. Mieux vaut une estimation prudente. Pour anticiper toutes vos échéances, consultez notre calendrier des échéances fiscales.
Acompte, avance de crédits d’impôt et solde : ne pas confondre
Trois flux circulent et prêtent à confusion :
- L’acompte d’impôt : ce que vous payez sur vos revenus sans collecteur ;
- L’avance de réductions et crédits d’impôt : un versement représentant 60 % que l’État vous verse à la mi-janvier (emploi à domicile, dons, garde d’enfants…) ;
- Le solde : la régularisation calculée après votre déclaration, à payer ou à vous faire rembourser à l’été suivant.
Réduire durablement son acompte en agissant sur le revenu imposable
Baisser l’acompte sans baisser l’impôt réel ne fait que reporter la facture sur le solde. La seule façon de payer moins au total est de réduire votre revenu imposable. Le levier le plus accessible reste le Plan d’Épargne Retraite (PER) : les versements volontaires sont déductibles de votre revenu, ce qui diminue mécaniquement la base de calcul de votre acompte l’année suivante. Nous expliquons la méthode dans notre dossier réduire ses impôts grâce au PER. Avant de souscrire, comparez les frais et la performance des contrats : un écart de frais de gestion pèse lourd sur vingt ans.
L’acompte d’impôt sur le revenu est-il obligatoire ?
Oui. Dès lors que vous percevez des revenus sans tiers collecteur (indépendants, revenus fonciers, pensions alimentaires), l’acompte est prélevé automatiquement par l’administration fiscale. Vous ne pouvez pas le refuser, mais vous pouvez l’ajuster, le reporter ou le supprimer si le revenu concerné cesse.
Peut-on arrêter ou reporter un acompte d’impôt sur le revenu ?
Oui, depuis la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » sur impots.gouv.fr. Vous pouvez reporter jusqu’à trois acomptes mensuels (ou un acompte trimestriel) sur l’échéance suivante, et supprimer l’acompte si le revenu disparaît définitivement, par exemple après une cessation d’activité.
Quelle est la différence entre l’acompte et la retenue à la source ?
La retenue à la source est prélevée par un tiers (employeur, caisse de retraite) sur votre salaire ou votre pension. L’acompte est prélevé directement par la DGFiP sur votre compte bancaire, pour les revenus sans collecteur. Les deux sont des avances sur le même impôt sur le revenu.
Quand l’acompte d’impôt sur le revenu est-il prélevé en 2026 ?
L’acompte mensuel est prélevé le 15 de chaque mois. Sur option trimestrielle, il est prélevé en quatre fois : les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre. Le montant est réactualisé chaque année en septembre selon votre dernière déclaration.
