La déclaration des ressources à la Caisse d’allocations familiales conditionne directement le montant de l’aide personnalisée au logement. Depuis la réforme des aides au logement de 2021, le calcul s’effectue sur la base des revenus des douze derniers mois glissants, recalculé chaque trimestre. En 2026, les règles n’évoluent pas mais les montants des barèmes ont été ajustés. Comprendre ce qui doit être déclaré, et à quel moment, est essentiel pour éviter une mauvaise estimation et un éventuel indu.
Ce que la CAF prend en compte dans le calcul de l’APL
L’APL est attribuée sous condition de ressources. La CAF examine plusieurs catégories de revenus pour évaluer la situation financière du foyer :
- Salaires nets imposables, primes et avantages en nature ;
- Indemnités de chômage versées par France Travail ;
- Pensions de retraite, pensions d’invalidité, rentes accident du travail ;
- Revenus non salariés des travailleurs indépendants ;
- Pensions alimentaires perçues ;
- Certains revenus du capital, comme les revenus fonciers nets ou les plus-values mobilières ;
- Indemnités journalières maladie, maternité et paternité.
À l’inverse, certaines aides sociales sont exclues du calcul. C’est le cas des prestations familiales, du revenu de solidarité active, de la prime d’activité ou de l’allocation aux adultes handicapés, qui ne sont pas considérées comme des ressources au sens du calcul APL.
La période de référence des douze derniers mois glissants
Depuis la réforme, le calcul ne s’appuie plus sur les revenus de l’année N-2 mais sur une fenêtre glissante de douze mois. Concrètement, à chaque trimestre civil, la CAF récupère automatiquement les revenus déclarés à la source par les employeurs, France Travail et les caisses de retraite, puis met à jour le droit pour les trois mois suivants.
Cette automatisation réduit les erreurs de saisie mais ne dispense pas de vérifier. Certaines ressources ne sont pas transmises automatiquement, notamment les pensions alimentaires perçues, les revenus de location, les revenus de l’étranger, ou encore les rémunérations issues d’une activité non salariée. L’allocataire reste responsable de leur déclaration trimestrielle.
Quels montants déclarer exactement
Les revenus salariés
Les salaires à déclarer sont les montants nets imposables, c’est-à-dire après cotisations sociales mais avant prélèvement à la source. Le bulletin de paie indique généralement cette ligne sous le libellé « net imposable » ou « net fiscal ». C’est ce chiffre qui doit être repris lorsque la CAF demande un complément d’information, par exemple en cas de divergence avec la déclaration sociale nominative de l’employeur.
Les indemnités chômage
Les allocations de retour à l’emploi versées par France Travail entrent dans le calcul pour leur montant net. Si l’allocataire a perçu une indemnité de licenciement, seule la part imposable est retenue. La part exonérée d’impôt sur le revenu n’est pas comptée.
Les revenus non salariés
Pour les travailleurs indépendants, micro-entrepreneurs et professions libérales, la base prise en compte est le bénéfice non commercial, le bénéfice industriel et commercial ou le revenu agricole, après abattement forfaitaire le cas échéant. Pour les micro-entrepreneurs, c’est le chiffre d’affaires diminué de l’abattement forfaitaire propre au régime micro qui sert de référence.
Les erreurs de déclaration les plus fréquentes
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement et peuvent fausser le calcul de l’APL :
- Déclarer le salaire net à payer au lieu du net imposable ;
- Oublier les primes exceptionnelles, les 13e mois ou les indemnités de congés payés ;
- Négliger les pensions alimentaires perçues, qui sont des ressources au sens APL ;
- Inclure des aides sociales non prises en compte, ce qui surévalue le revenu déclaré ;
- Omettre les revenus du conjoint ou du partenaire de Pacs vivant au foyer ;
- Ne pas signaler à temps un changement de situation professionnelle ou familiale.
Une erreur sous-évaluant les ressources peut entraîner un trop-perçu, que la CAF récupère en réduisant les versements suivants ou par prélèvement direct. À l’inverse, une déclaration surévaluant les revenus se traduit par une APL plus basse que celle à laquelle l’allocataire aurait droit.
Comment corriger une déclaration et limiter un trop-perçu
En cas d’erreur identifiée, l’allocataire peut rectifier directement depuis son espace personnel sur le site de la CAF. La rubrique « Déclarer un changement » permet de mettre à jour les ressources, la composition du foyer ou la situation professionnelle. Si la correction porte sur une période passée, la CAF recalcule l’aide rétroactivement.
En cas de trop-perçu, un plan de recouvrement peut être négocié. La législation prévoit que les retenues sur les prestations en cours ne peuvent excéder une certaine quotité, afin de ne pas priver l’allocataire de ses ressources de subsistance. Une demande de remise de dette est possible en cas de bonne foi et de situation financière fragile.
FAQ
Qu’est-ce qui rentre dans le calcul des ressources APL ?
Le calcul intègre les salaires nets imposables, les indemnités chômage, les pensions de retraite, les revenus des indépendants, les pensions alimentaires perçues et certains revenus du capital. Sont exclus le RSA, la prime d’activité, les prestations familiales et l’AAH. La base est constituée des ressources des douze derniers mois glissants, recalculées chaque trimestre.
Comment savoir quel montant déclarer pour un salaire ?
Le montant à retenir est le net imposable figurant sur le bulletin de paie, avant prélèvement à la source. Les primes exceptionnelles, le 13e mois et l’indemnité de congés payés en font partie. Le net à payer affiché en bas du bulletin est en revanche un mauvais repère car il intègre déjà l’impôt prélevé à la source.
Quel est l’impact d’une erreur sur l’APL ?
Une sous-déclaration entraîne un trop-perçu que la CAF récupère sur les versements suivants. Une surdéclaration aboutit à une APL inférieure au droit théorique. Dans les deux cas, l’allocataire peut demander une régularisation via son espace personnel, avec un effet rétroactif sur la période concernée et un éventuel remboursement.
Pourquoi le calcul est-il mis à jour chaque trimestre ?
Depuis la réforme de 2021, l’aide n’est plus figée pour un an mais ajustée tous les trois mois à partir des revenus glissants. Cette logique vise à coller au plus près de la situation réelle de l’allocataire, en particulier pour les personnes dont les revenus varient, par exemple en cas d’alternance entre activité et chômage.
Comment corriger une déclaration de ressources erronée ?
La correction s’effectue depuis le compte allocataire sur le site de la CAF, dans la rubrique « Déclarer un changement ». Il est également possible de transmettre des justificatifs via la messagerie sécurisée. La CAF recalcule alors le droit et notifie le nouveau montant d’APL, en précisant la régularisation appliquée pour la période passée.
Quand faut-il signaler un changement de situation ?
Tout changement de revenus, de composition du foyer, de logement ou de situation professionnelle doit être déclaré dans le mois qui suit. Une déclaration tardive expose à un trop-perçu, à un manque à gagner ou à des pénalités si l’omission est jugée volontaire. La prudence consiste à signaler dès la connaissance du changement, sans attendre la déclaration trimestrielle suivante.

