Projet de loi logement 2026 : 2 millions de logements et 700 000 passoires thermiques visées d’ici 2030

L’exécutif a dévoilé les grandes lignes de son projet de loi pour le logement. Le texte cumule plusieurs volets : production neuve, rénovation énergétique, fluidification du marché locatif et soutien à l’accession à la propriété. Il intervient dans un contexte de tension durable, marqué par un déficit chronique d’offre, des taux d’intérêt instables et une part croissante de logements écartés du marché par les obligations DPE.

Objectif chiffré : 2 millions de logements en cinq ans

Le gouvernement table sur une production de 400 000 logements neufs par an pour atteindre la cible de 2 millions à horizon 2030. Cette ambition contraste avec les 280 000 mises en chantier enregistrées en 2025, plus bas niveau depuis vingt ans. L’écart de production à combler dépasse 600 000 unités sur la période, un défi industriel majeur pour les promoteurs et les bailleurs sociaux.

Pour atteindre ce volume, le texte prévoit un assouplissement des règles d’urbanisme dans les zones tendues, un renforcement des obligations de production des communes au titre de la loi SRU, et une simplification des recours contentieux contre les permis de construire. Les délais d’instruction des grands projets seraient également raccourcis grâce à une dématérialisation complète des dossiers.

700 000 passoires thermiques à remettre sur le marché

Le calendrier d’interdiction de location des logements énergivores se durcit progressivement depuis 2023. Les biens classés G ne peuvent plus être loués depuis le 1er janvier 2025, suivis des F en 2028 et des E en 2034. Le projet de loi entend mobiliser ce parc en panne par un cocktail de mesures incitatives et coercitives.

Les leviers prévus

Levier Cible Effet attendu
MaPrimeRénov’ renforcée Propriétaires bailleurs Subvention jusqu’à 70% des travaux pour les ménages modestes
Éco-PTZ étendu Tous propriétaires Prêt zéro intérêt jusqu’à 50 000 euros
Tiers financement encadré Copropriétés Prise en charge initiale des travaux par un opérateur
Sanction loyer impayé Bailleurs récalcitrants Plafond de loyer abaissé en cas de DPE non conforme

Soutien renforcé aux primo-accédants

Le PTZ (prêt à taux zéro) est consolidé et élargi à de nouvelles zones jusque-là exclues. La quotité finançable serait relevée pour les ménages en zones B2 et C, où la production neuve souffre le plus. Une garantie d’État sur le risque de défaut viendrait sécuriser une part des crédits accordés aux primo-accédants modestes, ce qui devrait inciter les banques à reprendre des dossiers actuellement bloqués par le HCSF.

L’aide personnalisée au logement (APL) sera également revisitée pour mieux suivre l’évolution réelle des loyers en zones tendues. Les barèmes n’ont pas été significativement réajustés depuis 2018 et leur effet solvabilisateur s’est érodé.

Le débat sur les règles de copropriété

Le texte aborde plusieurs irritants connus des copropriétés. Le quorum requis pour les votes en assemblée générale serait simplifié pour faciliter les décisions de travaux énergétiques. Les obligations du Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) seraient mieux articulées avec les aides publiques pour éviter aux copropriétés de financer le diagnostic sans pouvoir engager les travaux.

Le syndic ferait l’objet d’un encadrement renforcé : grille tarifaire publique obligatoire, transparence sur la rémunération des prestations annexes, droit de résiliation simplifié pour les copropriétaires en cas de manquements. Ces mesures répondent à des plaintes récurrentes du terrain.

Calendrier législatif et incertitudes

Le texte sera examiné par le Parlement à partir de l’automne 2026. Plusieurs amendements sont attendus, notamment sur les seuils de la loi SRU, la pondération entre production neuve et rénovation, et l’équilibre entre incitation et sanction pour les passoires thermiques. La fenêtre d’adoption avant les élections suivantes reste étroite, ce qui pourrait conduire à un calendrier accéléré.

Pour les acquéreurs, propriétaires bailleurs et copropriétaires, l’enjeu est de positionner ses arbitrages dès maintenant. Les biens classés F ou G acquis aujourd’hui pourraient bénéficier des aides renforcées si elles sont effectivement votées. À l’inverse, les copropriétés qui tardent à voter leur PPT s’exposent à un alignement réglementaire plus contraignant.

 

FAQ

Qu’est-ce qu’une passoire thermique en immobilier ?

Une passoire thermique désigne un logement classé F ou G au Diagnostic de performance énergétique (DPE), c’est-à-dire dont la consommation d’énergie primaire dépasse 330 kWh par mètre carré et par an. Ces biens présentent une isolation insuffisante, un système de chauffage obsolète ou une combinaison défavorable des deux. Ils représentent environ 17% du parc résidentiel français et sont progressivement interdits à la location selon le calendrier de la loi Climat.

Comment bénéficier de MaPrimeRénov’ en 2026 ?

MaPrimeRénov’ s’adresse aux propriétaires occupants, aux bailleurs et aux copropriétés. La demande s’effectue en ligne sur le portail maprimerenov.gouv.fr, après un audit énergétique préalable réalisé par un professionnel RGE. Le montant de la subvention dépend des ressources du foyer, du niveau de gain énergétique attendu et de la nature des travaux. Le projet de loi 2026 prévoit une revalorisation des plafonds pour les bailleurs et les ménages modestes, avec une instruction simplifiée.

Quelle différence entre un logement classé F et un classé G ?

Les classes F et G du DPE désignent toutes deux des passoires thermiques. La classe G correspond à une consommation supérieure à 420 kWh par mètre carré et par an, la classe F entre 330 et 420 kWh. La différence pratique s’apprécie aux échéances d’interdiction de location : les biens G ne peuvent plus être loués depuis le 1er janvier 2025, les biens F basculeront en 2028. Le coût des travaux pour passer en classe E ou D varie de 200 à 400 euros par mètre carré selon l’état initial.

Pourquoi le gouvernement vise-t-il 2 millions de logements ?

L’objectif de 2 millions de logements à horizon 2030 répond à un déficit cumulé de production estimé à plus de 1,2 million d’unités sur la dernière décennie. La demande structurelle est tirée par la décohabitation, l’allongement des espérances de vie et les flux migratoires internes vers les métropoles. Le déficit alimente la flambée des prix dans les zones tendues, l’engorgement du logement social et le surcoût d’accès au logement pour les actifs primo-accédants.

Quand le projet de loi sera-t-il définitivement adopté ?

Le calendrier prévisionnel positionne l’examen du texte à l’Assemblée nationale et au Sénat à l’automne 2026, avec une promulgation attendue au premier semestre 2027 si aucun amendement majeur ne ralentit le processus. Les décrets d’application suivront sur six à douze mois selon les volets concernés. Les mesures fiscales pourraient être intégrées dès la loi de finances 2027 pour une application immédiate au 1er janvier 2027.

Combien coûte la rénovation énergétique d’un logement ?

Le coût moyen d’une rénovation énergétique globale se situe entre 25 000 et 60 000 euros pour une maison individuelle, et entre 8 000 et 25 000 euros pour un appartement, selon la surface, le niveau de gain énergétique visé et l’ampleur des travaux. Les aides cumulées (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, certificats d’économies d’énergie, aides locales) couvrent en moyenne 40 à 70% du devis pour les ménages éligibles, ce qui ramène le reste à charge à un niveau soutenable.

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